Fragments
extraits de texte
« …peux pas chanter – ça pleure dans les yeux – et partout d’ssous et d’ssus la peau - peux justhurler – arrête avec tes questions – tes réflexions – et t’écris encore – tes questions – tes réflexions - encore t’écris quell’ manie – ça sert à quoi – ça sert à quoi d’ab – c’est encore la vieille Miss : elle me dracule tant qu’elle peut pour qu’ les mots informes arrivent du dedans – tout crus – passés de l’intérieur à l’extérieur – tout crus dans la bouche – qui les mâche – les r’mâche – c’est ma viande – mon steack à moi - (…)
Et ce (j’) qui change constamment dans le tournis et la tremblante – et ce (j’) qui sait – d’ la fillette cachée dans les grandes jupes noires – ce (j’) qui veut savoir – tout de l’aïeule – là -haut – tout là-haut – perdue entre oreillers draps édredons – lit d’ campagne très haut – montagne de laine et de plumes – visage de ire qui grommelle dans son patois – j’ j’ d’ petit’ enfant qui devine – pressent que l’aïeule sait quelque chise – de terribelement terrfiant – à entendre le silence et le respect des autres – tous ces adultes autour du lit d’plume et d’laine – ce quelque chose – mystère… – où sombrent tous les mots – ces mots de tous les jours - où se naufrage quelque chose – qui s’entend en silencieuse tempête – mais Miss Drac’ a déjà commencé sa belle ouvrage…
« Ainsi chantait Miss Drac’ula »
La version intégrale travaillée jusqu’en 2009 est à paraître
* Une première version partielle est parue en 98 dans la collection Electre de Jean-pierre Bobillot et lue au Colloque de Cerisy l’année suivante.
* Une deuxième version fut programmée par la Maison de la Poésie Languedoc & Annie Estèves au théâtre Jean Vilar à Montpellier en novembre 2006 avec la comédienne Arlette Fétat et le compositeur Vincent Ferrand.