couverture de En tirant sur les mots

En tirant sur les mots, James Sacré

Si les « images d'avant»* sont toujours prêtes à surgir, James Sacré -comme souvent- les traite de manière laconique, par à-coups très brefs : ce n'est pas le propos du texte, mais ça court ça et là avec une grande force le long de son questionnement ; ce questionnement récurrent : le pourquoi du poème drainant d'autres multiples pourquoi sous-jacents.

En tirant sur les mots-élastiques pour voir s’ils « tiennent » ?

Viser juste comme avec une fronde ? Qu'est-ce que ça va faire ?

Et... ça fait mouche chaque fois dans la sensibilité de qui va lire et relire. Car il y a cette « petite musique » personnelles, propre à James Sacré qui se reconnaît entre mille, se ressent bien avant, oui, bien avant de commencer à tenter de comprendre un peu. Multiples effractions de la conscience sous l'irruption du réel... Et, sous l’apparente simplicité, tout fuit comme la vie insaisissable « simplement/ qu'écrire est aussi du vivant:/ jamais deux fois pareil », tout en sachant le dérisoire de l'écriture « (…) avoir trimé longtemps. Rien./Pourtant t'es content. » avec l'impossibilité de faire autrement.

Un continuum sans jamais rien de grandiloquent, du "tout-simplement" (très travaillé: pas un seul mot de trop... oh...la lecture à voix haute... !) qui s'ouvre brutalement sur la solitude radicale  : « Comme un geste ensemble/Presque aussitôt tu sais plus » ou tout à coup sur la terrifiante condition de l’humain si précaire « Et d'un coup ta guenille/Comme un manteau de roi, carnaval. » Il faut lire & relire James Sacré !

* Enfance-adolescence à la ferme paternelle

James Sacré – EN TIRANT SUR LES MOTS – Ed. Potentille – 7 Eu. -